Le déstructuralisme ?

Alors qu’il nous semble que l’offre littéraire contemporaine semble se lisser progressivement aux tendances de notre époque, notre maison s’attache à faire entendre de nouvelles voix, souvent à contre-courant, en dehors des modes et conventions d’époque, qui bousculent les
esprits et les normes, et se libèrent des règles d’écrire et de penser.
Se libérer des règles ? Il s’agit là d’un affranchissement des codes qui corsètent l’écriture, d’une nouvelle vague d’insurrection poétique, d’un nouvel éveil émotionnel, d’une révolte des cœurs, pour amener le lecteur à se questionner sur sa propre réalité, sa place et celle de ses
rêves, face à l’effondrement du monde à venir. Pourquoi figer une action en un lieu et un temps donnés alors qu’aujourd’hui les lieux sont
multiples, le temps s’accélère, et tout semble nous échapper ?
Pourquoi donner corps à des personnages alors que nous sommes entourés d’ombres errantes et d’inconnus, sans lien aucun avec nous, et alors que nous nous coupons progressivement de tout et tous ? Quel intérêt de construire une psychologie des personnages alors que la santé mentale devient un des principaux sujets de société ? pourquoi tenir un discours linéaire alors que plus rien ne l’est en ce monde, et que nous nous trouvons, impuissants, perdus dans un monde multicanal qui nous dépasse ?
pourquoi construire une narration cohérente alors que plus rien ne l’est ? tout se politise, et tout choix politique se contredit avec le récédent. après l’égocentrisme de l’autofiction, la narration elle-même se politise désormais à travers l’autothéorie.
il est donc nécessaire de déconstruire les repères actuels pour cela, nous proposons de mettre en avant des textes qui privilégient une écriture fragmentaire (et non fragmentée, qui elle désintègre presque la structure du mot, de la phrase ou la grammaire), et des œuvres qui permettent, de cette façon, d’incarner à la fois le chaos du monde actuel, et à la fois la volonté de s’en extirper. en pratiquant indifféremment
les genres et formes d’écriture, l’écriture fragmentaire les déconstruit symboliquement, résiste et échappe à tout système. elle abolit leurs barrières formelles et leurs conventions, comme nous avons aboli les frontières. par la traduction personnelle et libre d’émotions intérieures, et l’expression sans détour ni artifice de vibrations personnelles, elle évite la possibilité du sens en suivant les voies de l’inconscient. un certain hermétisme devient presque nécessaire, comme pour sortir des limites faciles, et frustrantes à la fois, du visible, et tendre vers l’universel. autour du fragment s’ajoute le blanc, incarnant le silence et sa force poétique, peut-être aussi importants que le texte lui-même. par ce découpage, il permet un rythme, et remet en cause les certitudes de l’auteur, et du lecteur. celui-ci doit accepter de se perdre parfois, et agir pour devenir partie prenante, presque acteur de l’œuvre qui prend forme autour et avec lui.

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